le Minmidt retire les autorisations aux exploitants non conformes et durcit le contrôle
Le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt) a annoncé le retrait des autorisations d’exploitation artisanale semi-mécanisée et la fermeture des sites non conformes à partir du 20 février 2026.
La décision a été prise à l’issue d’une réunion tenue le 21 janvier entre le ministre Fuh Calistus Gentry, la SONAMINES et les opérateurs miniers. Sont concernés les exploitants qui n’ont pas payé la caution de remise en état des sites ni signé les cahiers de charges dans le délai de quinze jours fixé par l’administration. La mesure s’appuie sur l’article 168(2) de la loi du 19 décembre 2023 portant Code minier. L’objectif est clair : lutter contre la contrebande, sécuriser la production nationale et protéger des milliards de FCFA de recettes publiques.
Les opérateurs en règle disposent d’un délai de trois mois pour se conformer aux nouvelles exigences. Ils devront mettre en place un système d’exploitation fermé et contrôlé permettant de suivre chaque gramme produit, ou conclure un partenariat avec une entreprise déjà équipée. Ils devront aussi soumettre une étude de faisabilité sommaire précisant la teneur moyenne du site et le seuil minimal de production.
Désormais, toute nouvelle demande d’autorisation devra être précédée d’une autorisation d’accès au site délivrée par le délégué régional compétent. Cette étape permettra de réaliser les sondages nécessaires. Le dossier devra inclure un cahier de charges signé avec les parties prenantes ainsi que les preuves de paiement au fonds de restauration des sites miniers.
Le ministère rappelle également que le travail de nuit est interdit. L’exploitation artisanale à l’intérieur des permis de recherche l’est aussi, conformément à l’article 24(5) du Code minier. Après notification d’une autorisation, l’exploitant aura trois mois pour se conformer au système d’exploitation fermé exigé par l’État.
Le gouvernement veut reprendre le contrôle d’un secteur longtemps dominé par l’informel. Plusieurs pays africains font face à d’importantes exportations d’or non déclarées. Le communiqué cite notamment le Soudan, la Libye, l’Ouganda, le Tchad, le Rwanda, le Togo et le Ghana.
Au Cameroun, environ 1 500 kg d’or ont été canalisés vers le Trésor public ces dernières années. Entre l’indépendance et les années 2000, seulement 37 kg étaient officiellement enregistrés.
Derrière ces mesures, l’État cherche à améliorer la traçabilité, protéger l’environnement et optimiser la collecte de l’impôt synthétique de 25 % et de la taxe à l’exportation de 5 %. Une réforme qui marque un tournant dans la gouvernance du secteur aurifère national.

